IBM Nighthawk : 120 qubits et 5 000 portes, mais l’avantage quantique en 2026, c’est du flou ? »

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120 qubits, 5K portes et un décodage 10x plus rapide : IBM promet l’avantage quantique en 2026… mais où sont les preuves ? On décrypte le vrai du faux.

⏱️ 3 min de lecture

📅 16 novembre 2025

🔥 En bref

  • IBM dévoile Nighthawk : 120 qubits, 5 000 portes quantiques, et promet 15 000 d’ici 2028 – réaliste ou marketing ?
  • Correction d’erreurs 10x plus rapide : Décodage en 480 ns, mais les qubits logiques restent un Graal.
  • Fabrication 300mm : IBM passe à l’échelle industrielle, mais l’avantage quantique en 2026 ? On demande à voir.

« IBM vient de lâcher son processeur quantique le plus puissant à ce jour, le Nighthawk, avec des chiffres qui font rêver : 120 qubits, 5 000 opérations quantiques en parallèle, et une correction d’erreurs 10 fois plus rapide. Sauf que… entre les promesses marketing et la réalité physique, il y a encore un fossé. On décrypte ce qui est vraiment nouveau, ce qui reste du bullshit, et pourquoi 2026 pourrait être un tournant… ou un flop. »

🚀 Nighthawk et la course aux qubits – IBM accélère, mais jusqu’où ?

IBM frappe un grand coup avec son nouveau processeur quantique, le Nighthawk. 120 qubits, 218 coupleurs accordables, et surtout, une capacité à gérer 5 000 portes à deux qubits – record mondial. Comparé à son prédécesseur Heron, c’est une augmentation de 20 %, et IBM promet déjà 7 500 portes en 2026 et 15 000 en 2028. Franchement, ça fait rêver. Mais est-ce réaliste ?

Première chose : IBM mise sur la qualité des qubits, pas la quantité. Google, par exemple, annonçait 433 qubits en 2023, mais avec moins de fiabilité. Ici, les coupleurs accordables permettent des circuits 30 % plus complexes tout en maintenant de faibles taux d’erreur. C’est propre, bien pensé.

Côté software, Qiskit s’améliore aussi. Avec les circuits dynamiques, IBM annonce +24 % de précision sur des échelles de 100 qubits ou plus. Et grâce aux outils d’atténuation des erreurs, le coût d’extraction des résultats précis est divisé par 100. Là encore, c’est un vrai progrès pour les développeurs.

Mais attention, IBM parle d’« avantage quantique en 2026 ». Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ? Pour l’instant, c’est flou. Pas de cas d’usage précis (cryptographie ? chimie ?), et surtout, pas de benchmark indépendant. IBM juge ses propres performances… bref, on reste sceptique.

⚡ Correction d’erreurs et fabrication – les vrais game-changers ?

La correction d’erreurs, c’est LE gros défi du quantique. Et là, IBM fait un bond énorme. Le décodage en moins de 480 ns (10 fois plus rapide que l’état de l’art) est une percée majeure. Grâce aux codes LDPC quantiques, les mêmes utilisés pour les réseaux 5G/6G, IBM utilise une synergie hardware/software qui pourrait tout changer.

Autre point fort : IBM passe à la fabrication 300mm au Albany NanoTech Complex. Résultat ? Une complexité physique multipliée par 10 et un développement R&D deux fois plus rapide. C’est un passage à l’échelle industrielle, comme TSMC pour le silicium. Mais attention, ça rend IBM dépendant d’un seul site. Pas génial pour la résilience.

Le hic ? La décohérence est toujours là. Les qubits supraconducteurs d’IBM tiennent ~100 µs, contre des millisecondes pour les ions piégés de certains concurrents. Et le processeur Loon, censé être tolérant aux pannes, n’a pas encore été démontré publiquement. Wait and see.

🔮 2026, l’année de l’avantage quantique ? Spoiler : ça va être compliqué

IBM lance un tracker communautaire pour valider les claims d’avantage quantique. Bonne initiative, mais qui va l’utiliser ? Les algorithmes utiles (comme Shor pour la cryptographie) nécessitent des millions de qubits logiques. On en est loin.

Comparé à la concurrence, IBM a clairement le meilleur écosystème software (Qiskit), mais il est en retard sur les qubits logiques. Google, par exemple, a déjà 49 qubits logiques sur 1 000 physiques. La Chine, elle, investit massivement dans le photonic quantum computing.

À court terme, le quantique pourrait accélérer la R&D pour la chimie (fertilisants, batteries). Mais à long terme, il y a un risque de bulle si les promesses ne tiennent pas. On se souvient du winter de l’IA dans les années 90…

* »IBM fait indiscutablement des progrès impressionnants, surtout sur la correction d’erreurs et la fabrication. Mais l’objectif d’un avantage quantique en 2026 reste très optimiste – voire marketing. La vraie question n’est pas quand on y arrivera, mais si les qubits supraconducteurs sont la bonne voie. En attendant, les devs peuvent s’amuser avec Qiskit… et les sceptiques garder un œil sur le tracker communautaire d’IBM. Parce que dans le quantique, les promesses, c’est comme les chats de Schrödinger : à la fois mortes et vivantes… jusqu’à ce qu’on ouvre la boîte.« *

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