OpenAI ignore robots.txt : ton site n’a plus le contrôle

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OpenAI ignore robots.txt : ton site n’a plus le contrôle

En bref

  • OpenAI ignore désormais les directives robots.txt pour les requêtes utilisateur de ChatGPT, réduisant à néant ton contrôle sur l’accès à tes données.
  • Près de la moitié des grands médias (48%) bloquent déjà les robots d’IA, poussant OpenAI à exploiter une faille juridique : la « navigation humaine ».
  • Cloudflare et d’autres outils réseau deviennent tes nouveaux remparts, mais avec des limites importantes.

Ton site, ton contenu… mais plus tes règles ?

Tu passes des heures à peaufiner ton robots.txt : protéger tes pages sensibles, tes données dynamiques ou ton contenu premium. Tu te dis que c’est réglé. Pourtant, depuis décembre 2024, OpenAI a décidé que les requêtes initiées par les utilisateurs de ChatGPT ne devaient plus respecter ces règles. Ton fichier robots.txt ? Il ne vaut plus grand-chose face à eux.

Ce changement n’a rien d’anodin. Il marque un tournant dans la guerre froide entre éditeurs et géants de l’IA. D’un côté, les sites bloquent massivement les robots (une augmentation de 336% en un an). De l’autre, les plateformes d’IA adaptent leurs stratégies pour continuer à accéder aux données. Cette fois, OpenAI ne joue plus selon les règles du jeu – elle les réécrit.

Pourquoi OpenAI fait sauter le verrou robots.txt

1. La faille juridique : « C’est l’utilisateur qui navigue, pas nous »

L’argument d’OpenAI est simple, presque trop : quand un utilisateur demande à ChatGPT de résumer un article ou d’analyser une page, c’est lui qui « navigue », pas le robot. Donc robots.txt ne s’applique pas. Une logique qui rappelle celle des VPN ou des proxys : si c’est l’humain qui clique, c’est légitime.

Sauf que cette justification soulève des problèmes majeurs :

  • Un utilisateur peut déclencher des centaines de requêtes en quelques secondes via des Custom GPT ou des GPT Actions.
  • Les éditeurs perdent tout contrôle sur l’accès à leurs données sensibles (pages payantes, API internes, contenus protégés).
  • Les logs de ton serveur montreront des requêtes ChatGPT-User, mais sans garantie qu’elles proviennent d’une réelle intention humaine.

Prenons un exemple concret : un site d’e-commerce bloque GPTBot pour protéger ses fiches produits. Pourtant, un utilisateur peut demander à ChatGPT de comparer les prix de 50 produits en une seule requête. Résultat ? Ton serveur subit un scraping massif, sans que tu puisses l’empêcher.

2. La pression des éditeurs : un effet boomerang

Les médias et les sites e-commerce ripostent en bloquant les robots d’IA :

  • 48% des grands sites d’actualité (NYT, Guardian, Reuters…) interdisent GPTBot ou OAI-SearchBot.
  • Cloudflare bloque désormais par défaut les robots d’IA pour 20% du web public via son outil Robotcop.
  • Des entreprises comme The Atlantic ou Vox Media ont même intenté des poursuites contre OpenAI pour utilisation non autorisée de leurs contenus.

Face à ces blocages, OpenAI contourne les restrictions en passant par les requêtes utilisateur. Un jeu du chat et de la souris où les éditeurs perdent du terrain à chaque manche.

Comment reprendre le contrôle (ou presque)

1. Bloquer ChatGPT-User : mission impossible avec robots.txt

Ton fichier robots.txt ne sert plus à rien contre ChatGPT-User. Voici ce que tu peux faire à la place :

Solution 1 : Bloquer au niveau serveur (WAF ou IP)

# Exemple de règle Nginx pour bloquer ChatGPT-User
if ($http_user_agent ~* "ChatGPT-User") {
    return 403;
}

Pour Apache, utilise SetEnvIfNoCase User-Agent "ChatGPT-User" bad_bot suivi d’une règle de blocage.

Solution 2 : Utiliser Cloudflare Robotcop

Cloudflare bloque automatiquement les robots d’IA connus (GPTBot, OAI-SearchBot…), mais pas encore ChatGPT-User. Tu peux ajouter une règle personnalisée :

// Règle WAF Cloudflare pour bloquer ChatGPT-User
{
  "expression": "(http.user_agent contains "ChatGPT-User")",
  "action": "block"
}

Active cette règle dans la section « Firewall Rules » de ton dashboard Cloudflare.

Solution 3 : Détecter les requêtes suspectes

Surveille tes logs pour repérer :

  • Des rafales de requêtes ChatGPT-User en quelques secondes.
  • Des accès à des pages normalement protégées par robots.txt.
  • Des IPs associées à des data centers (AWS, Azure, Google Cloud).

Outils pour t’aider :

  • CheckAIBots.com : audite les robots qui visitent ton site.
  • BuiltWith : découvre quels sites bloquent déjà les robots d’IA.
  • IPinfo.io : identifie les IPs suspectes.

2. Limiter les dégâts côté OpenAI

Si tu veux autoriser certains accès tout en bloquant les autres :

  • Bloque GPTBot (pour l’entraînement des modèles) mais autorise OAI-SearchBot (pour la recherche).
  • Utilise des en-têtes HTTP spécifiques pour identifier les requêtes légitimes.
# Exemple d'en-tête pour autoriser uniquement la recherche
User-Agent: OAI-SearchBot
Allow: /public/
Disallow: /

Cette approche permet de distinguer les usages « acceptables » des abus.

Le futur : vers une guerre des protocoles ?

1. OpenAI vs Cloudflare : le match des titans

  • OpenAI : Contourne robots.txt en misant sur l’argument « navigation humaine » et explore d’autres failles (extensions navigateur, requêtes via des proxys).
  • Cloudflare : Bloque les robots d’IA par défaut et pousse les éditeurs à adopter des solutions réseau plus robustes.

Qui va l’emporter ? Probablement personne. Les éditeurs devront empiler les couches de protection (WAF, IP blocking, CAPTCHA, analyse comportementale), tandis qu’OpenAI trouvera de nouvelles parades. C’est une course sans fin.

2. Un nouveau standard pour les robots d’IA ?

Aujourd’hui, robots.txt est un standard respecté par tous les acteurs majeurs (Google, Bing, etc.). Demain, il pourrait devenir obsolète pour les IA. Des initiatives comme Robots Exclusion Protocol v2 émergent, mais rien n’est encore adopté.

En attendant, voici ce que tu peux faire :Audite régulièrement tes logs pour identifier les requêtes ChatGPT-User et autres robots d’IA. ✅ Teste des solutions réseau (Cloudflare, règles Nginx/Apache, WAF comme ModSecurity). ✅ Prépare-toi à un monde sans robots.txt : les IA vont continuer à innover pour accéder aux données.

Et si demain, même ces solutions devenaient inefficaces ? C’est une possibilité. Dans ce cas, il faudra peut-être envisager des approches plus radicales :

  • Authentification obligatoire pour accéder à certaines pages.
  • Paywalls dynamiques qui détectent les requêtes automatisées.
  • Contenus générés à la volée pour les utilisateurs humains uniquement.

Conclusion : ton site, tes règles… jusqu’à quand ?

OpenAI a tiré le premier coup de feu dans une guerre qui ne fait que commencer. Ton robots.txt n’est plus une forteresse, mais un simple panneau « Défense d’entrer » que certains ignorent délibérément.

Alors, que faire ?

  1. Agis maintenant : Mets en place des blocages au niveau serveur et surveille tes logs.
  2. Reste informé : Le paysage évolue rapidement (nouvelles régulations, outils de détection, etc.).
  3. Prépare-toi : Les prochaines batailles se joueront sur le terrain des protocoles et des outils réseau.

Et toi, comment comptes-tu protéger ton contenu ? Vas-tu opter pour des solutions radicales comme le blocage total, ou préfères-tu une approche plus nuancée ? Partage tes stratégies en commentaires, ou explore notre guide sur les alternatives à robots.txt pour les IA.

Sources :

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